2 300 kilomètres, c’est la distance qui sépare le cap Sōya, à l’extrême nord de Hokkaidō, de la pointe de Sata, tout au sud de Kyūshū. La route qui relie ces deux points trace une diagonale à travers le Japon, soumise aux limitations de vitesse strictes : sur autoroute, le compteur ne dépasse presque jamais les 100 km/h, et les tronçons urbains ralentissent inévitablement la cadence.
Partir à l’assaut de l’archipel japonais par la route, c’est accepter que le voyage ne soit jamais parfaitement linéaire. Entre les péages qui se succèdent, la nécessité d’embarquer sur un ferry pour rejoindre certaines îles, et une météo qui joue parfois les trouble-fête selon l’endroit et la saison, mieux vaut se préparer à jongler avec les imprévus. Pour franchir tunnels, ponts impressionnants ou certains passages stratégiques, l’anticipation devient une alliée, surtout lorsque les foules s’emparent des routes lors des périodes de forte affluence.
Parcourir le Japon du nord au sud : ce qu’il faut savoir avant de prendre la route
Rejoindre le cap Sōya, tout en haut de Hokkaidō, jusqu’à la pointe de Sata, tout en bas de Kyūshū, c’est traverser un archipel de plus de 6 800 îles à bord d’une voiture. Les quatre principales, Honshu, Hokkaidō, Kyūshū et Shikoku, composent une traversée faite de contrastes saisissants : mégapoles débordantes d’énergie, campagnes oubliées, reliefs inaccessibles par le train. La voiture ouvre la porte à des recoins que le Shinkansen contourne, comme les villages de montagne de Nagano ou les vallées préservées de Shikoku.
Louer un véhicule nécessite une traduction officielle du permis de conduire international. Sans ce précieux sésame, impossible de prendre la route. Les agences présentes dans tout le pays proposent une large gamme de voitures : de la petite citadine agile pour Tokyo au SUV solide pour affronter les routes sinueuses de l’île du nord.
Quelques astuces et équipements rendent le trajet plus fluide. La carte ETC évite les files d’attente aux péages, le Pocket Wifi ou une carte SIM japonaise facilitent la navigation GPS et l’accès à la traduction en temps réel. Tout au long du parcours, les konbini 7-Eleven ou Family Mart deviennent des compagnons de route indispensables : on y trouve à la fois de quoi grignoter, retirer du liquide ou régler ses achats sans contact grâce à une carte Suica ou IC.
Avant de prendre la route, quelques vérifications s’imposent pour éviter les mauvaises surprises :
- Pensez à réserver votre voiture en amont, surtout pendant la Golden Week ou la saison des cerisiers, périodes où la demande explose.
- Contrôlez les conditions de votre carte bancaire (N26, Boursorama) avant de partir, car les frais de retrait à l’étranger peuvent vite grimper.
- La conduite se fait à gauche, les contrôles routiers sont réguliers et le code japonais se montre intraitable sur l’alcool au volant.
Le décalage horaire France-Japon, tout comme la diversité du climat, demandent parfois d’ajuster son programme en cours de route. Entre Tokyo, Kyoto, Osaka et Fukuoka, les distances sont bien réelles. Heureusement, le réseau autoroutier, associé aux stations ENEOS ou Idemitsu, offre une fiabilité rassurante. Voyager à travers le Japon par la route, c’est accepter de ralentir le rythme, de savourer chaque détour et de laisser place à l’inattendu.
Combien de temps faut-il pour traverser tout le Japon en voiture ?
Relier le cap Sōya à la pointe de Sata en voiture, c’est s’engager sur près de 2 500 kilomètres. Si l’on se limitait aux seuls chiffres, une traversée sans arrêt, en ne quittant jamais l’autoroute, pourrait théoriquement s’achever en moins de 48 heures. Mais la réalité du terrain impose son lot de contraintes : limitations de vitesse, pauses nécessaires, traversées d’îles, petites surprises du quotidien. Pour un road trip sans pression, il est plus raisonnable de prévoir entre cinq et sept jours, histoire de ne pas transformer le voyage en course contre la montre.
Les autoroutes du Japon impressionnent par leur efficacité. Les stations-service ENEOS ou Idemitsu ponctuent le tracé, et les péages se règlent en un clin d’œil avec la carte ETC. Pour passer d’une île à l’autre, tunnels et ponts spectaculaires prennent le relais. La logistique ne trahit pas : le réseau routier, d’une grande fiabilité, permet d’envisager le trajet sans crainte de se retrouver bloqué entre deux régions.
Sur la route, il serait dommage de traverser le pays sans s’arrêter à Tokyo, Kyoto, Osaka, Fukuoka ou de s’aventurer dans les Alpes japonaises, près du mont Fuji ou dans les sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce parcours n’a rien d’une simple diagonale sur la carte. Chaque détour transforme le voyage, chaque pause enrichit l’expérience, à la hauteur de la diversité que le Japon offre à ses visiteurs.
Idées d’itinéraires et suggestions d’étapes pour un road trip inoubliable
Le Japon déroule un éventail d’itinéraires où chaque étape révèle une nouvelle facette du pays. Pour un itinéraire classique, l’idéal est de commencer par Tokyo, ville à l’énergie débordante, puis de filer vers Hakone et ses onsens au pied du mont Fuji. En remontant la route des Alpes japonaises via Matsumoto, on découvre les gorges de Takayama et le patrimoine de Kanazawa. Kyoto s’impose ensuite, véritable livre d’histoire à ciel ouvert, avant de rejoindre Osaka, capitale du goût et de la convivialité. Un arrêt à Nara séduit par ses daims en liberté et les temples du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pour ceux qui souhaitent élargir le périple, il est possible de poursuivre vers Himeji et son château immaculé, puis de rejoindre Hiroshima, étape marquante de l’histoire moderne. On peut ensuite traverser vers Shikoku ou pousser jusqu’à Fukuoka, réputée pour sa gastronomie et son atmosphère détendue.
Voici une proposition d’étapes pour jalonner ce type de parcours :
- Tokyo Hakone Matsumoto Takayama Kanazawa Kyoto Osaka Nara Himeji Hiroshima Fukuoka
Chaque région du Japon affirme son caractère : montagnes vertigineuses, côtes déchiquetées, villes à l’effervescence inépuisable, havres de paix ruraux. Séjourner dans un ryokan, profiter de l’accueil nippon, s’immerger dans les onsen ou flâner sur les marchés locaux donnent à chaque nuitée une saveur particulière. Mieux vaut anticiper ses réservations, surtout au printemps ou à l’automne lorsque les paysages se parent de fleurs ou de feuillages flamboyants et que les demandes s’envolent. Pour organiser son trajet et dénicher les meilleurs hébergements, les applications Google Maps et Hyperdia sont de précieux outils, tout comme Booking.com ou Airbnb pour choisir où passer la nuit.
Au bout de cette traversée japonaise, ce ne sont pas seulement des kilomètres qui s’alignent, mais des souvenirs qui s’entassent. L’horizon se dégage, l’aventure ne cesse jamais vraiment : chaque détour promet une surprise, chaque halte laisse une empreinte. Prendre la route au Japon, c’est faire le pari de l’émerveillement, encore et toujours.


