Homme marocain en costume navy devant La Mamounia

Propriétaire de la Mamounia : qui détient cet établissement de renom ?

L’identité des propriétaires des palaces internationaux reste souvent méconnue, malgré leur rayonnement mondial. Au Maroc, la réglementation encadrant la gestion des établissements de prestige introduit des particularités dans la structure de détention de certains hôtels historiques.

Dans ce contexte précis, la Mamounia s’écarte des schémas habituels de l’hôtellerie de luxe. Sa gestion et sa propriété relèvent d’accords institutionnels originaux, qui l’ancrent profondément dans l’histoire du pays.

La Mamounia, un joyau historique au cœur de Marrakech

Implantée dans le quartier de l’Hivernage, à un souffle de la Koutoubia et avec les montagnes de l’Atlas en toile de fond, La Mamounia incarne à elle seule l’élégance de Marrakech. L’hôtel, né en 1923 sur des terres offertes au prince Al Mamoun au XVIIIe siècle, perpétue une tradition où les jardins luxuriants sont bien plus qu’un décor : ils sont la mémoire vivante de la ville ocre.

Le quartier a été imaginé par Henri Prost, urbaniste de renom, tandis que Jacques Majorelle lui a insufflé une dimension artistique dès ses premières pierres. Année après année, le palace a consolidé sa réputation dans le cercle restreint de l’hôtellerie de prestige marocaine.

L’architecture de la Mamounia ne laisse rien au hasard. Dômes ouvragés, zelliges chatoyants, patios baignés de fraîcheur, salons vastes et lumineux : chaque recoin raconte une histoire, celle d’un Maroc raffiné et accueillant. Avec ses 135 chambres et 71 suites, l’hôtel se mesure sans complexe aux plus grandes adresses internationales, tout en défendant fièrement son unicité.

Ici, le terme monument prend tout son sens. La Mamounia s’impose comme un pilier du centre de Marrakech, portée par une histoire dense et une ambition de service qui frôle la perfection. Passer le seuil, c’est déjà changer de rythme : l’art de vivre marocain s’y exprime dans chaque geste, chaque détail, chaque sourire.

Pourquoi cet hôtel fascine-t-il autant les voyageurs du monde entier ?

L’attrait magnétique de La Mamounia repose sur une série de facteurs concrets, entre héritage et expérience. Dès l’arrivée, les parfums d’agrumes, de jasmin et de cèdre enveloppent le visiteur, promettant un séjour où chaque instant compte. Les jardins historiques, offerts au prince Al Mamoun au XVIIIe siècle, s’étendent sur près de huit hectares : on y croise palmiers, oliviers centenaires, roseraies et allées ombragées, chacun offrant un tableau à part entière.

Mais la Mamounia, c’est aussi une scène où les plus grands noms ont laissé leur trace. Winston Churchill venait y peindre ses aquarelles, Ray Charles et Rita Hayworth s’y sont attardés, et Alfred Hitchcock y a tourné des séquences de The Man Who Knew Too Much. Parmi les hôtes célèbres, on retrouve Nelson Mandela, Colette, Yves Saint-Laurent, Sharon Stone ou encore Jean-Paul Belmondo, tous attirés par la magie du lieu.

L’offre de la Mamounia ne se résume pas à son histoire. Voici ce qui distingue son expérience :

  • quatre restaurants de renom, dont Le Marocain et Le Français,
  • un Bar Churchill au charme feutré,
  • un spa parmi les plus réputés du pays,
  • un salon de thé signé Pierre Hermé,
  • une salle de cinéma privée, rareté dans le paysage hôtelier.

En 2018, Condé Nast Traveler l’a désignée meilleur hôtel au monde, une distinction qui s’ajoute à de nombreux autres prix. L’attention portée à chaque détail, sous la direction de Pierre Jochem, se perçoit à chaque instant. Entre respect de la tradition et ouverture vers la modernité, la Mamounia promet une expérience mémorable à ceux qui franchissent ses portes.

Focus sur le propriétaire : qui détient réellement la Mamounia aujourd’hui ?

L’histoire de La Mamounia ne se limite pas à ses bâtiments ou à ses visiteurs célèbres. La question de sa propriété actuelle reste centrale : qui tire aujourd’hui les ficelles de ce symbole de l’hôtellerie marocaine ? Après de longues années sous contrôle public, la donne a changé récemment.

Pendant de nombreuses années, plusieurs entités publiques se partageaient la propriété de l’hôtel. Mais en 2023, l’État marocain a cédé sa part à l’Office chérifien des phosphates (OCP), géant industriel et moteur économique du pays. La transaction s’élève à 1,7 milliard de dirhams, et l’OCP, déjà propriétaire de 40 % des parts, prend ainsi la position de majoritaire.

L’Office national des chemins de fer (ONCF), de son côté, conserve moins de 10 % du capital. Cette nouvelle distribution des parts donne à l’OCP une marge de manœuvre renforcée, ouvrant la voie à de nouveaux investissements et à une stratégie à la hauteur des ambitions du secteur.

Actionnaire Part détenue
OCP Majoritaire (après rachat à l’État)
ONCF Moins de 10%

Cette évolution, menée discrètement, traduit la volonté du Maroc de renforcer ses entreprises phares par une gestion modernisée, ouverte sur le monde et tournée vers l’excellence.

Femme élégante dans un bureau de La Mamounia

Entre prestige et héritage, ce que la Mamounia raconte de Marrakech

La Mamounia n’est pas seulement un hôtel de luxe, c’est un repère dans le paysage marocain. Porteuse du patrimoine national, elle réussit l’alliance subtile entre passé et présent. Après la rénovation orchestrée en 2009 par Jacques Garcia, l’établissement marie avec finesse l’architecture traditionnelle et un design contemporain. Zelliges, stucs, boiseries finement sculptées témoignent du savoir-faire local, tandis que chaque salon, chaque couloir respire la tranquillité, loin de l’agitation de Marrakech.

Installée au cœur de l’Hivernage, la Mamounia reste un refuge pour les connaisseurs. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2023, l’hôtel a enregistré un bénéfice net de 226 millions de dirhams, soit une hausse de 10 % en un an. Ce résultat confirme la capacité du palace à conjuguer rentabilité, niveau d’exigence élevé et fidélité à son identité originelle.

La Mamounia, c’est aussi une certaine idée du confort à la marocaine. Les 135 chambres et 71 suites, conçues comme des cocons sophistiqués, s’ouvrent toutes sur les jardins historiques du prince Al Mamoun. Ici, le luxe ne s’affiche pas : il se vit, au gré d’une atmosphère où l’esprit de Marrakech reste palpable à chaque instant.

À Marrakech, la Mamounia demeure bien plus qu’une adresse : elle incarne la mémoire vivante de la ville, tout en continuant d’écrire son avenir.

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